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L'univers du cirque raconté dans les écoles

Le cirque Gervais Klising est arrivé dans la commune du Cellier, samedi dernier. Originaire des Côtes d'Armor, Gervais et son équipe se déplacent d'écoles en écoles afin d'initier les enfants aux arts du cirque.
Rencontre avec les artistes du cirque Klising sous leur chapiteau.
L'entretien a été mené par les élèves de CM2 de la classe de Fernand Boursier, professeur des écoles à Saint Jean Bosco au Cellier.


L'univers du cirque raconté dans les écoles

Gervais Klising : Racontez-moi le cirque

Les enfants de l'école Saint Jean Bosco au cellier accueillent un cirque traditionnel pendant 15 jours. Les enfants (divisés en deux groupes de 70 élèves) participeront chaque jour à deux ateliers : Une heure le matin puis une heure l'après-midi. Un premier groupe présentera un spectacle vendredi 11 février à 20 h. Le second s'entraînera la semaine suivante pour une représentation programmée le vendredi 18 février à 20 h.

Lors des ateliers, acrobaties et gymnastique sont de rigueur. La venue du cirque est également l'occasion exceptionnelle pour les enfants de faire connaissance avec la famille de Gervais Klising et les artistes du cirque. Rencontre avec ces artistes qui se définissent "comme avec une maison d'escargot sur le dos".


LES QUESTIONS DES ENFANTS :

Où trouvez-vous votre matériel?

Callista, antipodiste, répond : "Nous allons dans les magasins spécialisés en arts du cirque et gymnastique. Souvent il s'agit d'un matériel fait sur mesure par Gervais lui-même". Victor, le jongleur, ajoute : "Le chapiteau est français. Pourtant nous achetons les toiles le plus souvent en Italie ou en Belgique : C'est bien moins cher. Les deux mâts ont été fabriqués par Gervais lui-même. Souvent nous fabriquons les choses dont nous avons besoin nous-mêmes".

"La toile répond à des normes de sécurité : Elle ne peut pas prendre feu. Bien sûr il existe d'autres normes de sécurité. Lorsque les vents sont supérieurs à 100 km/heures, par exemple, nous sommes obligés de démonter le chapiteau".

L'univers du cirque raconté dans les écoles

Entretien avec Gervais Klising

D'abord resté à l'écart, Gervais Klising prend finalement la parole devant les enfants. Tous sont fascinés et enthousiastes.

"Nous montons le chapiteau en trois heures trente environ. Les mâts et les corniches restent intactes (ils ne se démontent pas) dans la remorque de neuf mètres de long. Les gradins, les chaises ainsi que le tour de piste se rangent dans un camion", explique Gervais.

"Le cirque Klising fait des spectacles avec les enfants pendant toute la période scolaire. Pendant les vacances de Noël, nous sommes appelés pour les arbres de Noël. Tous les ans, nous participons à celui de la base militaire de Lanvéoc-Poulmic. En juillet et en août, nous quittons les écoles pour la saison estivale. Nous changeons de chapiteau et de spectacle"
.

"Pour le spectacle que nous préparons ensemble, les enfants effectuent 5 ateliers. Il y a aussi quelques clowns. Ensuite viennent les numéros des artistes eux-mêmes. C'est un véritable spectacle. Pendant une semaine, nous apprenons aux enfants les bases les plus simples. Il est bien difficile de préparer un spectacle en 4 jours, mais les enfants y parviennent bien".

"Nous restons près de vous pendant le spectacle, juste au cas où
", rassure Emmanuel, l'un des acrobates.

L'univers du cirque raconté dans les écoles

Le dressage des animaux

Les animaux intéressent beaucoup les enfants qui les observent de loin. Quels sont-ils?
Poneys, chevaux, lama et hybrides broutent les pelouses et attisent la curiosité des petits promeneurs.

Gervais Klising s'occupe des animaux. Le dressage : C'est sa partie. "Nous faisons ce qu'on appelle un travail en liberté.Les animaux changent de côté, font la révérence, se couchent etc. Je suis au centre et ils évoluent autour de moi. Cela demande un entraînement d'une heure chaque matin et une heure chaque après-midi. Seule la répétition paie (...) Les bêtes sont vaccinés tous les ans. On fait venir du foin et des granulés. Pour les fauves : C'est plus compliqué. Il faut de la viande saisie, c'est à dire une viande qui n'est pas consommable dans le commerce. Quand le cirque Gervais avait des fauves, leur nourriture était un grand souci. Il n'était pas rare que je fasse 400 km pour aller chercher de la viande? Autant dire que je passais plus de temps sur les routes qu'au cirque! Le foin et les granulés sont aussi bien moins chers".

Au premier plan Callista (24 ans), puis Ilana (13 ans), Victor (20 ans) et Emmanuel (42 ans)
Au premier plan Callista (24 ans), puis Ilana (13 ans), Victor (20 ans) et Emmanuel (42 ans)

Comment le cirque Gervais a t-il constitué son équipe?

Gervais Klising : "On se croise entre cirques. On se rencontre lors des festival et donc on recrute parfois des artistes. Le cirque Gervais Klising est quand même très familial".

Callista : "Je ne suis pas du tout originaire du milieu du cirque. Ma mère est comptable et mon père est tourneur-fraiseur. J'habitais près de la Rochelle. J'ai commencé à pratiquer les arts du cirque à l'âge de 8 ans, dans une association, tous les mercredis. J'ai continué à m'entraîner, puis je suis entrée à l'école de cirque, j'ai travaillé en Finlande avant de revenir en France. Aujourd'hui, mes parents sont fiers de moi et de mes choix.
J'ai un petit garçon de 2 ans et demi, Lorenzo. J'ai fait mon numéro jusqu'à mes trois mois de grossesse. Puis j'ai arrêté. Après la naissance de Lorenzo, je ne parvenais plus à monter sur mon tissu (numéro de tissu aérien). J'ai été désespérée. Finalement, quand il a fallu recommencer, je suis repartie. C'est comme ça : Il faut y aller et on ne réfléchit pas. J'ai 24 ans. Je pense encore faire mon numéro pendant 20 bonnes années"
.

Gervais Klising :
Gervais Klising :

Gervais Klising : 5 générations de circassiens

Gervais Klising raconte l'aventure du cirque Klising :

"J'ai 5 générations de cirque derrière moi. La famille Beautour, du côté de ma mère, avait le tout premier cirque. C'était des saltimbanques qui n'avaient pas de chapiteau. Mon grand-père travaillait avec ses 6 enfants. Ils étaient musiciens et acrobates. Ils faisaient leur numéro puis faisaient la manche. On l'appelait Lillois car il était souvent autour de Lille. On donne souvent des surnoms au gens du cirque... A force de travail, j'ai gagné une piste et des gradins. Mon père, lui, était musicien. C'était la Ménagerie Lambert : Ils avaient tous les animaux même des serpents. Il faisait la parade dans les rues avec animaux et musiciens. Puis tout le petit monde rentrait ensuite sous le chapiteau. Mon grand-père (de la famille Beautour) a été diplômé par Napoléon III, il y a près de 200 ans"
.

Les enfants du cirque et l'école

"Pour nous qui travaillons dans les écoles, c'est très simple. Nos enfants vont en classe là où nous sommes accueillis. L'école est obligatoire aujourd'hui. Quand j'étais enfant, nous étions huit frères et soeurs. 3 seulement sont allés à l'école. Il faut dire que cela ne m'intéressait pas. Le cirque se déplaçait tous les jours. Alors les enfants n'allaient que 2 ou 3 heures à l'école. On les installait dans le fond de la classe. Le maître n'avait pas le temps pour les enfants de passage. Le lendemain, nous étions déjà repartis. Le travail au cirque comptait plus que l'école. Tout le monde travaillait au cirque. Nous étions en famille. Mais c'était dur. Parfois j'avais les mains en sang sur ma barre fixe et pas le droit de m'arrêter".

Ilana est tombée dedans quand elle était petite. Elle suit ses études par correspondance.
Ilana est tombée dedans quand elle était petite. Elle suit ses études par correspondance.

Des études et du rêve

Ilana, la fille de Gervais, a 13 ans. Elle est trapéziste. Pour elle, impossible de de changer de collège chaque semaine. Elle étudie par correspondance. "Ce n'est pas facile, mais on s'y met tous pour l'aider", dit Callista.


"J'ai eu 4 enfants d'un premier mariage", reprend Gervais. "J'ai arrêté le cirque pendant 7 ans afin de pouvoir mettre mes enfants à l'école. Je ne faisais le cirque que l'été. Je travaillais alors sur les marchés. Ce n'était pas mon métier et j'avais hâte de retrouver mon cirque. Mais l'école est primordiale pour les enfants et j'ai voulu qu'ils y aillent".


Callista : "Je ne fais pas le numéro dont j'ai rêvé. Je voulais être contorsionniste. En grandissant, j'ai pu continuer ma passion . On fait d'abord ce métier parce qu'on l'aime. Nous sommes 10 environ, avec les enfants. L'été, notre effectif est multiplié par deux. Nous comptons jusqu'à 30 artistes parfois".

L'univers du cirque raconté dans les écoles

Patience, répétition et travail

Gervais Klising : "A force de patience et de répétition. Un fouet lorsqu'il va à 1200 à l'heure, couperait le cuir du cheval si le touchait. C'est la vitesse du son. Si au moment où il claque, il touche l'animal, alors il le blesse. Cela peut laisser une grave blessure profonde d'un ou deux centimètres. Alors le fouet , je ne l'utilise qu'en rappel. Il claque dans l'air. C'est une clé. Si je vois un cheval près à quitter la piste, je le rappelle en faisant claquer le fouet. Il comprend alors qu'il ne doit pas faire de bêtises. Nous travaillons avec des espèces dociles : Le frison ou l'andalou sont plus faciles à dresser. Les hybrides, comme le dromadaire ou le chameau, n'ont pas de cerveau. C'est un peu plus dur. Mais je ne leur demande pas grand chose. Je n'ai jamais tapé une bête. Je ne vais pas très loin avec elles, c'est tout".

Les artistes du cirque Klising se déplacent d'écoles en écoles.
Les artistes du cirque Klising se déplacent d'écoles en écoles.

Callista, comment trouvez-vous votre inspiration? Comment se conçoit un numéro?

"Du travail, du travail et encore du travail. J'ai choisi une discipline : J'y passe donc énormément de temps. Bien sûr , on retrouve les figures de bases dans chaque numéro. Les mêmes mouvements. Néanmoins il faut toujours chercher à se démarquer des autres artistes qui pratiquent la même discipline".

Callista reprend : "Les chinois et les russes sont bien meilleurs que nous, les artistes français. Mais là-bas, les enfants ne choisissent pas. Ils sont vraiment menés à la baguette. Leur éducation est stricte. J'ai pu voir parfois des images frappantes à la télévision".

Gervais Klising : "Il reste assez peu de cirques traditionnels. Les cirques contemporains n'ont pas d'animaux. Ils sont aussi invités par les villes qui les accueillent. Au cirque Klising, nous avons de la chance de travailler ainsi".

Le mot de la fin pour callista :
Quelles qualités sont essentielles pour faire partie d'un cirque?
"La passion avant tout. Puis la motivation. La rigueur. Et toujours l'envie de donner aux autres".

Pour contacter le Cirque pédagogique Gervais Klising

Tél. 02 96 20 20 18 (Collège de Plouha, Côtes d'Armor)

Ou directement, Gervais Klising au 06 08 46 46 57
par e-mail : orla5orange.fr


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1.Posté par moi le 03/11/2014 13:26
Le cirque Gervais Klising, n'a pas du tout cessé son activité!!
Vous pouvez le joindre au 06 08 46 46 57 ou par mail cirquegervais@hotmail.fr

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