Accueil
Envoyer à un ami
Version imprimable
Partager

Reportage - La dictée des Lyriades - édition 2014

AM MAG et la Ville d'Ancenis: partenaire des Lyriades - Du 2 au 6 avril 2014, à Angers , Liré et Ancenis : la langue française était célèbrée!

7èmes Rencontres de Liré - Le Français en chantant.

Au programme, la fameuse dictée de Jean-Pierre Colignon, des jeux, des conférences - débats, un dîner-concert apprécié, une conférence dansée, une petite randonnée littéraire, des rencontres et découvertes... et comme toujours, beaucoup de plaisir pour les participants.

Ce Vendredi matin (du 4 avril 2014) - Nous avons suivi l'invité des Lyriades jeunesse édition 2014 : Jean-Pierre Colignon.

Direction les Lycées Joubert-Maillard puis le lycée Saint Joseph à Ancenis.


Ancenis: plein "phare" sur la dictée des Lyriades Jeunesse !

Question de Véronique Marché, professeur de français, à ses élèves de 2nde du Lycée Maillard - Joubert:

"Connaissez-vous Jean-Pierre Colignon?"


Ce matin, dans l'amphithéâtre, 140 élèves sont présents.

L'événement: la dictée des « Lyriades jeunesse », dans les lycées Joubert Maillard et Saint-Joseph d’Ancenis, a même attiré une équipe de journalistes de France 3.




La Dictée Lyriades-Jeunesse :


- à 10h au Lycée Joubert-Maillard (en présence de M. Jean-Pierre Colignon) : trois classes de 2nde générale ( secondes 2, 4 et 9) et deux classes de seconde professionnelle : la seconde ARCU (accueil relations clients-usagers) et GA (gestion et administration) soit environ 140-150 élèves.


- à partir de 10h également , mais, cette fois, au lycée Saint-Joseph d'Ancenis ; une soixantaine d'élèves de 2nde sont volontaires !!


En moins une heure, nous nous rendrons dans les deux établissements scolaires.



Jean-Pierre Colignon: "J'ai composé et animé plus de 300 dictées !"

Photo CB - Les Lyriades 2014.
Photo CB - Les Lyriades 2014.
La passion du bon mot ...

Jean-Pierre Colignon est une figure emblématique du journal Le Monde. Tour à tour rédacteur, auteur de chroniques ou de critiques; il est aussi conseiller linguistique pour l’ensemble des journaux du groupe.


Membre de trois commissions ministérielles de terminologie (ministère de la Culture et de la Communication, ministère des Affaires étrangères, ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie), membre du COSLA (Comité pour la simplification du langage administratif - Modernisation de l’Etat), Jean-Pierre Colignon participe aux actions de la Délégation générale à la langue française et aux langues de France.


A son actif, une cinquantaine d'ouvrages. La plupart, sur la langue française, la syntaxe et l'orthographe…



Jean-Pierre Colignon , un boulimique de savoirs



Néanmoins l'insatiable curiosité de ce féru d'homonymes, le conduit en bien d'autres domaines , plus surprenants...

Jean-Pierre Colignon est un touche-à-tout et un gourmand de la vie : il écrit tant sur l'histoire, le cinéma, le tourisme, les animaux,etc.


Illustre verbicruciste, il rédige de célèbres mots-croisés.



Eminent professeur des écoles de journalisme


Jean-Pierre Colignon enseigne l'art de rédiger aux étudiants du Centre de formation et de perfectionnement des journalistes de Paris, auprès de l'Institut français de presse (université Assas-Paris II), à l'Ecole supérieure de journalisme de Lille, à Formacom (école de formation des correcteurs-réviseurs, secrétaires de rédaction), ainsi qu'au Centre d’écriture et de communication.




Les Dicos d’or de Bernard Pivot


Jean-Pierre Colignon était membre du Jury des Dicos d'or.



Par monts et par vaux ...

L'homme public, telle une référence ès langue française, organise régulièrement des Journées dédiée à notre patrimoine linguistique. Il conçoit, organise, coordonne et anime près de 25 dictées par an à Paris, à Nantes, à Libourne, à Tours, à Honfleur, à Saint-Louis (Haut-Rhin), à Sorrèze, à Boulogne-Billancourt, à Vincennes, à Plouha et ailleurs.


Ce vendredi 4 avril, il nous confie rentrer tout juste du Maroc où se déroulait le Championnat d’orthographe et de langue française, créé en 2005.


En fin de semaine prochaine, il se rendra à Asnières, pour une énième dictée...



Point de lassitude. Le besoin, simple, de se trouver seul un moment devant son ordinateur et d'imaginer d'autres histoires à narrer , d'autres textes à dicter.





Les jeunes et l'orthographe !?

Photo CB - Lyriades 2014 au lycée JOubert - Maillard à Ancenis.
Photo CB - Lyriades 2014 au lycée JOubert - Maillard à Ancenis.
Amphithéâtre du Lycée Joubert - Maillard - " Vous avez vu , Mons'eur, j'suis venue !", lance une élève, tout sourire, à son professeur.

Véronique Marché a préparé cette matinée avec l'aide précieuse d'Alexandre Marcillac, professeur en seconde professionnelle, et de ses collègues.



Véronique Marché : " Les élèves sont "bruts de décoffrage": on ne les a pas préparés du tout à cette dictée. Ils s'agit de jeunes gens issus de 5 classes de seconde générale et professionnelle.

Ensuite, nous effectuerons les corrections tous ensemble en classes. Ce sera l'occasion de travailler le lexique, l'orthographe et de recueillir leurs impressions.

Notre objectif: dédramatiser l'orthographe. Ce matin, il n'y aura pas d'échec ni de note !"





Jean-Pierre Colignon: "Les élèves d'aujourd'hui sont-ils fâchés avec l'orthographe ?


Il n'est pas rare que d'excellents élèves , doués de compétences et de capacités remarquables, accumulent en effet les fautes d'orthographe et/ou de syntaxe... En cause, un problème de structure.


Notre rapport à l'écriture a changé: nous sommes devenus désinvoltes avec la langue française.


La problématique du SMS demeure quant à elle très controversée.


Raccrocher à l'orthographe: que c'est difficile !


(...) On ne fait plus de dictée à l'école, faute de temps. Or il faut prendre son temps lorsque l'on veut appréhender la langue dans sa globalité, la culture française et même la culture antique.

La compréhension de l'ensemble des phénomène de langage est une véritable gageure".





Culture familiale, société, manque de temps ... les élèves utilisent de moins en moins de vocabulaire.



Et les élèves - Qu'en pensent-ils ?

Photo CB - Les Lyriades ,édition 2014.
Photo CB - Les Lyriades ,édition 2014.
Qui parmi vous a effectué quelques révisions avant de venir ?

Une main discrète se lèvent parmi la dizaine de jeunes interrogés.


La méthode d'Aurélien: écrire le mot méconnu plusieurs fois afin de vérifier ou "sentir" l'orthographe...

Camille recherche d'abord l'origine du mot. Elle en extrait le sens ce qui lui permet d'en déduire l'écriture ...


A chacun sa méthode, mais d'abord une notion de plaisir ...


Face à ces jeunes gens, Jean-Pierre Colignon se montre plutôt joueur , car l'on peut s'amuser avec la langue française !


"Mes dictées sont distrayantes, variées et toujours assez proches de la vie réelle.



Je les conçois dans le même esprit que mes ouvrages. J'y ajoute des éléments de géographie, de littérature ou d'histoire".





Jean-Pierre Colignon, quelle est la recette d'une bonne dictée ?

1°) " Commençons par un piège de sens, fondé sur l'homonymie..."

"Vivement un temps d'été stable" peut vite devenir "vivement un temps détestable" ...


"Bien sûr j'incite le participant à tomber dans le piège! C'est mon rôle.

Dans une dictée, deux ou trois pièges de sens sont nécessaire afin de tester l'intelligence du rédacteur".



2°) "Ajoutons à cela deux ou trois participes passés, dont un pronominal, s'il est possible".


3°) "2 ou 3 mots peu connus pour mes confrères journalistes: ils en feront probablement un papier !"


4°) " J'aime à ajouter quelques accords sur noms composés, un jeu sur les consonnes doubles ou simples, un ou deux adjectifs de couleur, simple ou composé ... J'aime les accents et surtout, l'accent circonflexe!"


Jean-Pierre Colignon :


"Inutile de rajouter 20 noms savants de papillons ! L'intérêt de la dictée : c'est son apparente simplicité!!

Alors , mes textes sont simples. Mais pour finir, certains accumulent 15 à 20 fautes ...

La dictée demeure un jeux, un amusement.


La règle veut que les premiers pièges soient concentrés dès le premier paragraphe. La technique influe bien entendu sur le temps de correction. Alors, dans le cadre d'un concours, il sera inutile d'aller au-delà de quelques lignes, pour certaines copies ..."

Et vous, combien auriez-vous fait de fautes ?

Lyriades de la langue française

Dictée scolaire du vendredi 4 avril 2014




Le concierge piqua un fard !


Toute la classe de ce lycée ligérien avait les yeux fixés sur la carte représentant le monde antique. Plus précisément, ce centre vital de l’Antiquité : la Méditerranée ! Le professeur d’histoire, un jeune enseignant des plus passionnés, dont les cheveux châtain clair accueillaient déjà quelques poils poivre et sel, consacrait en effet son cours, ce jour-là, aux pays, aux villes et aux monuments qui marquèrent les siècles de cette ère…

Les élèves pouvaient situer sur la carte, grâce aux indications de leur professeur, ici les pyramides les plus prestigieuses, là des obélisques très élevés, ailleurs des mausolées démesurés, etc. Nombre de ces constructions, hélas, ont aujourd’hui disparu, tels quelques mastabas… Il était alors 4 heures et demie de l’après-midi, et l’enseignant commençait à évoquer les Sept Merveilles du monde antique, après les avoir énumérées. Soudain, la porte de la pièce s’ouvrit avec fracas, et le concierge de l’établissement, un grand gaillard dégingandé atteint de myopie, qui gardait à grand-peine son équilibre, surgit, tenant à bout de bras une longue bougie !

Il se lança dans des explications confuses, embrouillées, et, pour tout dire, absconses, où il était question d’une panne d’électricité dans un débarras donnant sur le couloir central desservant les classes. Ayant égaré sa lampe électrique de poche, il avait dû se rabattre sur une bonne vieille bougie pour aller rechercher dans le cagibi des outils dont il avait besoin… Mais une wassingue traîtresse et humide abandonnée sur le sol l’avait propulsé vers la porte de la classe, qu’il avait alors enfoncée ! Pour un peu, il se serait retrouvé comme une loque à terre !

À ce moment précis, après avoir dépeint la statue chryséléphantine de Zeus à Olympie et le Colosse de Rhodes, le professeur narrait l’histoire du phare-fanal d’Alexandrie, en Égypte. Associant immédiatement l’image des deux derniers monuments à la physionomie et à l’attitude du concierge, les élèves s’exclamèrent bruyamment et surnommèrent celui-ci « Monsieur Phare » ! Le gardien protesta avec véhémence, et, bien qu’il fût déjà haut en couleur pour s’être souvent laissé hâler par un soleil en plein zénith, on vit bien qu’il piquait un fard…



© Jean-Pierre Colignon, avril 2014.



Le corrigé commenté ...

Photo CB - Corrections des copies à Saint Joseph Ancenis!
Photo CB - Corrections des copies à Saint Joseph Ancenis!


piqua un fard : expression usuelle, signifiant « dont le visage s’empourpra, rougit » (sous l’influence de sentiments divers : la timidité, la confusion,
la honte, etc., ou la… colère), comme si l’on avait appliqué un fard rouge.

ligérien : gentilé, ethnonyme, pour : a) les pays de la Loire ; b) la Loire-Atlantique. Ici, c’est un adjectif, donc il n’y a pas de majuscule.

monde antique : monde est un nom commun, donc pas de majuscule initiale.

l’Antiquité : nom propre désignant une période de l’histoire de la planète, d’où la majuscule.

la Méditerranée : mer presque fermée, dont le nom propre veut dire « au milieu des terres », d’où les deux « r ».

histoire : ici, nom commun désignant une des matières enseignées = pas de majuscule. (La majuscule est en revanche obligatoire quand on parle, au sens absolu, de l’histoire de l’humanité : le vent de l’Histoire balaiera tout cela !)

des plus passionnés : qui est parmi les plus passionnés, d’où l’accord au pluriel.

les cheveux châtain clair : ellipse pour dire « dont les cheveux sont D’UN châtain qui est clair », d’où l’invariabilité, et il n’y a pas de trait d’union.

déjà : ne pas oublier l’accent grave sur le « a ».

poivre et sel : des cheveux, des poils, qui ont la couleur du poivre ou celle du sel = des cheveux gris ou blancs.

ce jour-là : derrière un démonstratif, là est joint par un trait d’union au mot qui le précède.

de cette ère : = de cette époque de l’Histoire.

pyramides : nom commun, donc pas de majuscule initiale. Du latin d’origine grecque pyramis. (Mais majuscules quand on parle des Grandes

Pyramides de Gizeh ou de la Grande Pyramide (= de Chéops).

obélisques : nom commun MASCULIN.

mausolées : nom commun (d’après le tombeau du roi Mausole, à Halicarnasse, en Asie Mineure = une des Sept Merveilles du monde antique).

tels quelques mastabas : employé seul, tel s’accorde avec le mot qui SUIT. Ici : mastabas, nom masculin pluriel désignant des tombeaux de l’Égypte ancienne.

4 heures et demie : c’est une « heure d’horloge », et non une durée, c’est pourquoi, en principe, on écrit le nombre en chiffres. Figurant derrière un nom, demi s’accorde en genre sur celui-ci.

les Sept Merveilles du monde antique : dénomination artistique, d’où la majuscule à Merveilles, qui entraîne la majuscule à Sept parce que l’adjectif numéral est avant le nom.

énumérées : accord du participe passé sur le COD (complément d’objet direct) les représentant les Sept Merveilles.

fracas : grand bruit, comme si l’on… fracassait quelque chose !

dégingandé : grand et comme désarticulé. Attention : ne pas dire ni écrire « déguingandé » !

myopie : du latin myops. Le myope ne distingue nettement que les choses proches.

à grand-peine : normalement, on devrait avoir « à grande peine » = le « e » disparu est remplacé par un trait d’union.

à bout de bras : expression figée au singulier (= au bout du bras).

a priori : il n’y a pas d’accent grave sur le a. (= au premier abord, sans avoir vu les faits).

surréaliste : deux « r » (= de sur + réalisme). Extravagant, insolite, bizarre…

au-dessus : avec un trait d’union.

océan Atlantique : océan est un nom commun générique, donc sans majuscule, tandis que l’adjectif Pacifique est le terme spécifique, donc le nom propre.

dans l’éther : c’est-à-dire dans l’air (éther est un synonyme littéraire, poétique). Ce ne peut pas être « dans les terres »… puisque les oiseaux sont au-dessus de l’océan Atlantique !

absconses : du latin absconsus, « caché ».

filandreuses : confuses, enchevêtrées. De la famille de filet (de pêche).

débarras : deux « r ». Cf. : embarrasser, débarrasser…

dû : le participe passé de devoir prend un accent circonflexe uniquement au masculin singulier (= pour faire une différence avec l’article du).

cagibi : mot de l’ouest de la France = débarras, petite pièce. Peut-être apparenté à cahute.

wassingue : mot féminin du nord de la France et du français de Belgique = synonyme de serpillière. Vient d’un mot allemand signifiant « laver ».
PRONONCIATION : « ouassingue » OU « vassingue » !

traîtresse : ne pas oublier l’accent circonflexe, comme dans le masculin traître !

enfoncée : accord du participe sur le COD porte.

comme une loque à terre : et non « comme une locataire », ce qui n’aurait aucun sens dans le contexte !!

chryséléphantine : adjectif signifiant littéralement « d’or et d’ivoire » (chrys(o)- et elephas).

Colosse : majuscule obligatoire : nom propre de la statue gigantesque érigée sur l’île de Rhodes, et représentant Hélios (le Soleil).

phare-fanal : à la fois phare et fanal (feu, lanterne), d’où le trait d’union. Phare vient du nom de cette Merveille du monde antique, de cette tour
gigantesque construite sur l’île de… Pharos, dans la baie d’Alexandrie.

bruyamment : adverbe forgé sur l’adjectif bruyant, d’où le « a ».

« Monsieur Phare » : les élèves attribuent au concierge le surnom (donc le nom propre, comme si c’était son patronyme) de Phare, d’où la majuscule. On acceptera Monsieur ou M.

tintamarre : grand bruit. Mot dérivé de tinter (on ignore d’où vient l’élément « marre »).

bien qu’il fût : quand bien que marque une restriction, une réticence, au sens de quoique, c’est le SUBJONCTIF qui suit.

haut en couleur : au sens propre, qui a LA couleur de la peau du visage rose foncé, voire rouge. Haut varie en genre et en nombre, mais couleur est
donc figé au singulier. (Et il en est de même au sens figuré désignant des personnes bruyantes, volubiles, qui ne passent pas inaperçues !!)

laissé hâler : le concierge ne s’est pas « laissé aller » (= par paresse, par nonchalance, par fatigue…), mais il s’est laissé hâler (= bronzer) par le soleil !

zénith : au-dessus de soi (arabe : « chemin au-dessus de la tête »).

piquait un fard : et non « piquait un phare » ! (Farder : d’un vieux verbe francique signifiant « teindre ».)



© Jean-Pierre Colignon, mars 2014.



Toutes les informations sur le site des Lyriades - http://www.leslyriades.fr/




Notez



MAG #10 ELLES (Le 8 mars & les 364 jours suivants) | Pays d'Ancenis | Mauges Communauté | Ancenis à la Une | Saint-Mars-La-Jaille Actualités | Ligné Info | Le P'tit Mag Saint-Géréon (TAP - Ateliers P'tits Reporters) | Erdre & Gesvres | Angers Actualités | Le Blog des écoles | Le Blog des Sports | Blog pour Tous | Loire - Atlantique







Partager ce site



L M M J V S D
      1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28 29 30    

Renseignez les informations que vous voulez transmettre en n'oubliant pas les éléments essentiels que sont la date et le lieu, un contact, une photo. Ecrivez toujours en lettres minuscules. Attention - Flyers et publicités seront facturés.



Savoir-faire & Diffusion - Ancenis Mauges MAG est le média local d'une agence en communication- Conseil en stratégie. Notre objectif: communiquons autrement, communiquons mieux!